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édito du 4 mai 2025

Publié le 3 mai 2025

3 ème DIMANCHE DE PÂQUES

Homélie de Mgr James du 25 avril

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Le jour de son élection, François surprend : priez pour moi ! Dit-il.
Et, humblement, il s’incline. Dimanche dernier, en fauteuil roulant, il souhaite : Joyeuses Pâques et il nous quitte en bénissant. Entre ces deux gestes, 12 années de compagnonnage avec le Peuple de Dieu ! J’en retiens trois mots : audace, rencontre, amour.
Audace, oui. L’Évangile évoque l’audace de l’apôtre Pierre : Il sort de la barque et se jette à l’eau. Le Pape François, successeur de Pierre a beaucoup d’audace, lui aussi et invite le Peuple de Dieu à l’audace. Dans un de ses premiers textes,
il écrit : « Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ…Au lieu d’être seulement une Église qui accueille et qui reçoit en tenant les portes ouvertes, cherchons plutôt d’être une Église qui trouve de nouvelles routes, qui est capable de sortir d’elle-même ». Ce message est entendu dans notre diocèse. En ouvrant le synode diocésain à la fin 2015, le Cardinal Ricard mon prédécesseur donne un thème : « susciter et soutenir des disciples-missionnaires », une expression chère au Pape François. D’ailleurs, celui-ci ne se contente pas de discours. Il sort lui aussi ! Avec audace, il part dans des pays où aucun Pape n’est encore allé. Un des prêtres de Bordeaux, missionnaire, l’a accueilli en Mongolie, immense pays, grande culture mais petite communauté catholique ! François cherche à vivre ce qu’il nous demande : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de son enfermement ». Il n’hésite pas à tenir des propos sévères, sur nos maladies, comme un père exigeant mais aimant, nous aimant : « Je rends grâce pour le bel exemple que me donnent beaucoup de chrétiens qui offrent leur vie et leur temps avec joie. Cela me fait beaucoup de bien ».
Rencontre. On sait le motif du choix du prénom François pour le Pape. Son ami, cardinal brésilien lui dit au moment où il est élu : « N’oublie pas les pauvres ». Jorge Bergoglio se met sous le patronage de François d’Assise. Sa première sortie de Rome ? L’ile de Lampedusa à la rencontre des migrants. A la suite de St Pierre évoqué dans la première lecture, François va avoir à rendre compte de ses gestes, de ses rencontres pas toujours comprises. Saint Pierre dit dans la première lecture : « c’est à cause du Christ ressuscité » C’est à cause du Christ ressuscité que François se rend aux périphéries et nous entraîne à sa suite, pour que toute

personne humaine vive et soit respectée. Lui François veut des chrétiens « guéris de la surdité aux cris des pauvres, des chrétiens sauvés de la maladie de l’indifférence, et engagés dans la recherche de la paix ». Ses discours, musclés parfois, ne sont pas des discours d’homme politique, mais plutôt de prophète, qui dénonce, réveille, secoue, comme dans la bible. Il invite au vrai courage, le « courage de la compassion ». C’est à dire ? Il nous le dit à Marseille :
« C’est le contraire d’un cœur plat, froid, installé dans la vie, tranquille, qui s’endurcit, insensible à toute chose et à tout le monde, même au tragique rejet de la vie humaine aujourd’hui refusée à nombre de personnes qui émigrent, à nombre d’enfants qui ne sont pas encore nés, et à nombre de personnes âgées abandonnées. » Contre la culture de l’indifférence, le Pape préconise la « culture de la rencontre ». Lui-même dialogue avec les représentants d’autres religions ;
il se rend sur les lieux de guerre : rappelons-nous cette image à Mossoul en Irak au milieu d’un champ de ruines, François vit une rencontre interreligieuse.
Peu de temps après, dans ses deux grands textes, il invite à entendre la clameur des pauvres et la clameur de la terre. Oui la clameur des pauvres.
Le Pape François rappelle : « Fratelli tutti ! », Tous frères ! Et il développe la notion d’amitié sociale. Et puis la clameur de la terre dans « Laudato si’ » où il parle d’écologie intégrale, en commençant d’abord par l’émerveillement devant le don de Dieu : « loué sois-tu mon Seigneur », et il ajoute : « la terre, notre maison commune est comme une sœur.. Cette sœur crie en raison
des dégâts que nous lui causons ».
Amour. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Saint Pierre se jette à l’eau et part rejoindre Celui qu’il aime, le Christ ressuscité sur le rivage. C’est cela peut-être le cœur de la vie de François qu’il évoque si bien dans sa dernière encyclique : Dilexit nos,
Il nous a aimés. Lui jésuite, lui de la compagnie de Jésus, homme de prière, parle de l’amitié avec le Christ : cette amitié est indéfectible. « Lui Jésus ressuscité, écrit-il, ne s’en va jamais même si parfois il semble silencieux… Il se laisse rencontrer et il est à nos côtés ». Merci Saint Père pour votre vie donnée jusqu’au bout, avec courage et audace, merci d’avoir été serviteur et témoin de l’amour du Christ et l’amour des frères les plus pauvres. Comme Saint Pierre accueilli sur le rivage, que Jésus ressuscité vous accueille et vous nourrisse de Sa Paix et de Sa Vie. Nous prions pour vous. Amen.

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