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édito du 7 juillet 2024

Publié le 6 juillet 2024

                                            14°et 15° Dimanche du temps ordinaire     

         NON, LA MESSE N’EST PAS UNE SIMPLE RÉUNION

Depuis le covid les réunions peuvent désormais se faire par téléconférence audiovisuelle. Pourquoi les catholiques n’en feraient-ils pas autant pour l’eucharistie ?L’essentiel, le voici : la messe n’est pas une réunion. L’épidémie a eu l’immense mérite de nous le rappeler, la messe n’est ni un spectacle, ni un ballet, ni un cours, ni un meeting, ni une conférence, ni un concert. La messe est un sacrifice dont nous mangeons la victime. Et s’il est toujours possible de s’instruire par téléconférence, il est rigoureusement impossible de se nourrir par téléphone. Dite aussi brutalement, la chose a de quoi choquer (et ce n’est pas d’hier, lisez Jean 6 !). C’est pourtant la réalité. Mais elle mérite explication. Certains disent : « je n’ai pas le temps d’aller à la messe je la suivrai à la télévision ». Suivre est très différent de participer.  À la messe, le prêtre refait les gestes et redit les paroles que le Christ a demandées que l’on répète lors de son dernier repas. Ce faisant, le prêtre ne reproduit pas seulement une scène historique, ni n’organise un étrange casse-croûte entre amis : il fait advenir, sur l’autel, le corps et le sang du Christ, conformément à la demande du Christ lui-même. Non pas le corps et le sang du Christ « en général », sans plus de précision. Non, il s’agit du corps livré, du sang versé sur la croix (Lc 22, 19). En d’autres termes, ce qui est rendu présent à la messe, miraculeusement, c’est le sacrifice du Christ, le sacrifice qu’il a fait de lui-même, de sa vie, pour nous réconcilier avec le Père.  À la messe, ce qui est présent, comme à travers une fenêtre trouant l’espace-temps, c’est le Golgotha. La messe n’est donc pas une répétition, ni une représentation, ni une reconstitution, ni une commémoration, elle est la présence même, miraculeuse, de l’Unique sacrifice du Christ – qui ne peut pas être répété.Péguy dit cela très bien dans Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc : « Le même sacrifice crucifie le même corps, le même sacrifice fait couler le même sang. C’est la même histoire, exactement la même, éternellement la même, qui est arrivée dans ce temps-là et dans ce pays-là et qui arrive tous les jours dans tous les jours de toute éternité. Dans toutes les paroisses de toute chrétienté. » Et, pour accomplir jusqu’au bout la logique inhérente aux sacrifices anciens, et faire comprendre qu’il ne venait pas les abolir, le Christ a demandé que nous mangions ce pain, que nous buvions ce vin, comme étant son corps et son sang véritables, réellement présents, substantiellement présents, ici et maintenant. « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel… Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. » Paroles incompréhensibles, « paroles dures », qui firent s’éloigner bien des disciples (Jean 6, 52). Paroles qui resteront pourtant quand le monde aura disparu.Et qu’on ne vienne pas dire que cette présence réelle du Christ dans l’eucharistie est une invention du Moyen Âge : les apôtres l’ont immédiatement déduite des paroles du Christ, comme on le voit en lisant saint Paul : « Quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Sauveur. Celui qui mange et qui boit, s’il ne discerne pas le corps, mange et boit sa propre condamnation » Voilà donc, en deux mots, ce que les catholiques viennent faire à la messe : ils viennent manger ensemble, manger vraiment le pain de vie, le pain du ciel, le pain des anges, le viatique, la sainte manne, non pour que ce pain devienne ce qu’ils sont, mais pour qu’eux-mêmes deviennent ce qu’Il est, en s’unissant à son sacrifice, et faire ainsi un seul corps – qu’on appelle l’Église. Ces choses-là ne se font pas par téléphone ni en regardant la télévision.        

                                                      Frédéric Guillaud   20.12.2020  www.france-catholique.fr/      

L’offertoire……et la quête L’offertoire, par lequel commence la liturgie eucharistique, consiste en la présentation des dons des hommes à Dieu avant que le prêtre n’offre à Dieu la matière du sacrifice (le pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; le vin, fruit de la vigne et du travail des hommes). Chaque fidèle est, en son for intérieur, invité à offrir son existence et son travail à Dieu, en mettant la main à la corbeille en guise de contribution matérielle. Le temps de la quête, l’expression « mettre la main au porte-monnaie » prend un sens processionnaire. En quelques secondes, une foule de sons métalliques emplit l’église. Comme une petite musique improvisée. Mélodie légère et éphémère. Pour un rapide inventaire des pièces rassemblées. Pour une brève évaluation de sa capacité contributive, entre élan du cœur et décence élémentaire. Le temps de la quête, la main parle mieux que les yeux, plus ou moins souriants, plus ou moins baissés. Le temps de la quête, résonne en nous la Parole, la vraie. Celle du Christ. Aussitôt revient en mémoire la parabole scellant le mystère de l’offrande de la pauvre veuve. « Jésus, ayant levé les yeux, vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc. Il vit aussi une pauvre veuve qui y mettait deux pièces. Et Il dit : je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres ; car c’est de leur superflu que tous ceux-là ont mis des offrandes dans le tronc, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Dès lors, il revient à notre conscience de discerner entre « notre superflu » et « notre nécessaire », en méditant le sublime enseignement du Christ : en donnant « tout ce qu’elle a pour vivre », la veuve se révèle plus riche que les donateurs regardants. Riche de cet amour inconditionnel à Dieu que tous les autres n’ont pas ! Le temps de la quête, Jésus nous interroge de Son doux regard. Et nous nous retrouvons face à nous-mêmes, face à nos petites pièces, face au misérable tas de « notre superflu ». Un peu contrits, un peu indécis, un peu honteux. Alors pour quelques euros, notre main osera-t-elle trembler ?  (Jacques Gimard  Le temps de la Quête, sous la lorgnette)

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